La désaturation de la ligne 13 par le prolongement de la ligne 14 est un projet d’envergure estimé entre 932 et 954 millions d’euros. Ce budget implique la saisine automatique de la Commission Nationale du Débat Public (CNDP
). La
CNDP
a pour principal objectif d’assurer la participation du public au processus d’élaboration de certains projets d’aménagement ou d’équipement d’intérêt national de l’Etat, et des collectivités territoriales, susceptible d’avoir des impacts significatifs sur l’environnement ou l’aménagement du territoire.
La
CNDP
peut estimer que le projet doit faire l’objet d’un débat public ou recommander une concertation.
Dans le cas du projet de désaturation de la ligne 13 par le prolongement de la ligne 14, la CNDP a recommandé au STIF de mener une concertation sous l’égide d’un garant. La concertation suppose la mise en présence des différentes parties prenantes du projet. Elle va permettre aux citoyens, élus, acteurs économiques et associatifs de prendre connaissance du projet et donner leurs avis et suggestions sur son opportunité et ses grandes caractéristiques.
La phase de concertation contribue au processus qui conduira le STIF et ses partenaires à prendre la décision de poursuivre ou non le projet, et de le faire évoluer. Elle se déroulera du 11 janvier au 12 février 2010.
Pour cette concertation, 6 réunions publiques auront lieu :
Des rencontres avec les usagers de la ligne 13 sont également prévues aux stations Saint-Lazare, Asnières-Gennevilliers Les Courtilles et Saint-Denis Université :
Quatre stations ont été retenues pour le prolongement de la ligne 14 :
La création de trois nouvelles stations sur la ligne 14 va permettre une décharge significative de la ligne 13. On estime que plus de 6 000 usagers de la ligne 13 devraient se reporter sur la ligne 14. En heure de pointe, la ligne 13 devrait circuler avec un maximum de 16 500 voyageurs sur le tronc commun ce qui correspond à une décharge d’environ 25 % du trafic en heure de pointe. Sur chaque branche, 2 500 voyageurs devraient se reporter sur la ligne 14. Ainsi, la décharge du trafic sur chaque branche est estimée à environ 20 %. Cette solution permettra donc d’améliorer de manière significative les conditions de transport des usagers de la ligne 13.
A terme, la fréquentation de la ligne 14 est estimée à 29 000 voyageurs en heure de pointe. Il sera donc important d’adapter l’offre de transport à cette nouvelle demande et de porter la capacité de la ligne 14 à 30 000 voyageurs en heure de pointe. Afin d’offrir un service optimisé, la ligne 14 sera exploitée avec des rames de 8 voitures à conduite automatique. Par ailleurs, la fréquence des rames pourra être augmentée.
Aujourd’hui, avec plus de 600 000 voyageurs par an, la ligne 13 est l’une des lignes les plus utilisées du métro parisien. Différentes mesures sont régulièrement adoptées pour améliorer la situation de la ligne. Cependant, les secteurs desservis par le Nord de la ligne 13 vont, connaître dans les années à venir d’importantes transformations avec les différents projets d’aménagement urbain des villes de Paris, Clichy-la-Garenne et Saint-Ouen. Ainsi, d’ici une dizaine d’année, à moins de 800 m des stations de la ligne 13, on estime que le nombre d’habitants va progresser de 8 à 16% selon les secteurs. Le nombre d’emplois devrait, lui, s’accroître de plus de 26%. Ainsi, en 2017, sans réaliser le prolongement de la ligne 14, on estime à 22 500 le nombre d’utilisateurs de la ligne 13, en direction de Paris à l’heure de pointe du matin sur les stations situées entre La Fourche et Saint-Lazare. Le nombre d’usagers par branche est estimé à 11 500 par heure de pointe.
Or, la capacité de la ligne 13 sera de 23 300 voyageurs sur le tronc commun et de 11 650 sur chaque branche en heure de pointe. Les conditions de transport ne seront donc pas améliorées.
Ce projet est porté par sept acteurs :
Les études pour le prolongement de la ligne 14 sont inscrites au Contrat de projets Etat-Région Ile-de-France 2007-2013 à hauteur de 25,50 millions d’euros : la Région Île-de-France contribuant à 18 millions d’euros et l’Etat à 7,5 millions d’euros.
Pour les travaux, plusieurs collectivités ont formalisé leur engagement financier et adoptant le Plan de mobilisation pour les transports en Île-de-France. C’est ainsi que le prolongement de la ligne 14 figure dans les Contrats particuliers signés récemment entre la Région et les trois Départements concernés (Ville de Paris, Hauts-de-Seine et Seine-Saint-Denis).
Le financement est donc réparti de la manière suivante :
Les conclusions de la concertation vont permettre d’orienter le STIF sur l’avenir du projet. Des études complémentaires seront réalisées afin de préciser le tracé, l’aménagement des stations, les impacts sur l’environnement, l’organisation des travaux.
Ces études, accompagnées de l’étude d’impact, aboutiront au schéma de principe qui sera présenté à l’enquête publique , une nouvelle occasion pour le public d’exprimer son avis sur le projet. Le préfet pourra ensuite délivrer la déclaration d’utilité publique (DUP ). De nouvelles études seront alors nécessaires pour aboutir à l’avant-projet et établir la convention de financement qui précisera l’engagement financier de chaque partenaire. La durée de cette phase d’études et de consultation du public est estimée à environ 4 ans, de 2010 à 2013 dans le cadre du projet de prolongement de la ligne 14
Le financement étant acquis, les travaux pourront s’engager à l’issue des dernières études détaillées. Cette phase comprendra les déviations des réseaux des concessionnaires, la fabrication et le montage du tunnelier, la construction du tunnel, la construction des stations, l’équipement des stations et de la ligne, la construction du site de maintenance et de garages et la marche à blanc avant mise en service pour tester les équipements. Sa durée, en référence à des opérations analogues, est évaluée à 4-5 ans, de 2013 à 2017 dans le cadre du projet de prolongement de la ligne 14.
La mise en service du prolongement de la ligne 14, peut donc être envisagée à l’horizon 2017.